Jardins pleins de couleurs – potagers
sains
Je
viens de me réveiller, je sors dans le jardin encore à demi
endormi et je cueille une fraise, grosse et rouge, de mon propre
potager. Autrefois c’était un terrain en friche
et pierreux, mais maintenant il ressemble à un paradis:
tomates, salades, basilic, poivrons, céleri savoureux
poussent dans la terre noire. Ce n’est pas de la magie
mais, simplement, de la permaculture. Transformer des terrains
arides et secs en jardins verts et fertiles est devenu la profession
de Dylan Efford. Cet anglais de 34 ans nous le raconte: “À Ibiza,
il y a suffisamment d’eau et de sol fertile pour que
tous les habitants s’alimentent en fruits et légumes.
Ici, la permaculture peut contribuer à l’usage
efficace de l’eau pour cultiver un potager. On doit apprendre à économiser
l’eau, comme, par exemple, arroser les plantes dans la
soirée et pas en pleine chaleur.

En
quoi consiste la permaculture?
La permaculture est une philosophie de vie orientée
vers le futur qui utilise les recours naturels sans besoin
d’exploiter la terre. En permaculture, on n’utilise
pas d’engrais chimiques ni de pesticides, bien au contraire,
on utilise différentes techniques pour enrichir la terre
et, ainsi les plantes nous procurent beaucoup et importantes
vitamines et des minéraux. “Perma” signifie
constant, durable. En permaculture on cherche des solutions
qui ne nuisent pas à la nature ni à l’être
humain. La permaculture comprend aussi bien l’usage des énergies
renouvelables (soleil, vent et eau), que la transformation
et l’enrichissement du sol, mais aussi la consommation
responsable de l’eau et de l’électricité,
la bonne alimentation, la santé et le jardinage. C’est
l’australien Bill Morrison qui trouva le terme de “permaculture” (dérivé de “agriculture
permanente”). La permaculture est la création
de petits paradis sur la Terre. “Il s’agit de recréer
des paysages naturels remplis de fruits comestibles, de fruits
secs et de légumes avec suffisamment d’espace
pour que les oiseaux, les animaux et les plantes puissent coexister
avec
l’être humain.
Nous pouvons tous faire entrer la permaculture dans notre vie. On peut commencer
par de simples choses: acheter les produits naturels de la région, diminuer
la consommation de combustible, économiser l’eau, etc. Celui qui
veut pratiquer la permaculture apprendra à valoriser les conséquences
de ses actes. Chaque morceau de nourriture que nous mangeons a son histoire.
Un oeuf conventionnel, par exemple, n’est pas sensé sortir de notre
propre poulailler, mais d’une “ferme d’élevage” de
poules où elles n’ont pas assez d’espace pour bouger et où les
antibiotiques sont mélangés aux aliments artificiels. Il est possible
de prendre ses distances avec les paradoxes de la consommation aveugle.
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Il
y a de plus en plus de gens dans le monde qui s’unissent
pour réaliser des projets communs, comme la création
de jardins communautaires et des écoles où l’on
enseigne la permaculture. Le projet le plus connu est
la commune de Findhorn, en Ecosse, où ils ont
su combiner l’art, la spiritualité et l’autosuffisance. À Ibiza
il y a une association de permaculture, ainsi qu’une
académie de permaculture. Le nombre de jardins
augmente de plus en plus dans l’île et plusieurs
fincas ont déjà des installations entières
de permaculture.
Dylan Efford aide à tous ceux qui désirent avoir leur propre jardin.
Il visita l’île il y a quatre ans et demi, et appris beaucoup de
la manière de vivre à la Casita Verde, économisant de l’énergie
et vivant en harmonie avec la nature. Il se familiarisa avec les techniques de
la permaculture alors qu’il travaillait avec son mentor sur un projet
pour un agrotourisme.
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Selon
Dylan, le plus dur est la préparation du terrain. En premier il
faut enlever toutes les
pierres pour que le jardinier puisse ratisser la terre et la
mélanger avec du fumier. Puis l’on trace des plates-bandes
que l’on couvre de paille, pour éviter que la terre
sèche trop vite. Ensuite, l’on ins-talle des tuyaux
d’arrosage de goutte à goutte, que l’on peut
controler manuellement ou avec un programmateur qui permet l’arrosage
automatique du jardin. Un grillage métallique doit protéger
les plates-bandes du potager des lapins ou autres intrus. Enfin,
on peut commencer à semer. Dylan a une méthode
spéci-ale: il classe les plantes par familles et sème
en mélangeant les plantes qui se bénéficient
mutuellement.
“
J’utilise l’espace au maximum. Par exemple, je plante
des
oignons tous les 10 cm. De cette façon je rentabilise
les ressources de l’eau et du sol”, dit l’expert
en permaculture. Ces jardins ont une grande variété colorée
de fruits et légumes, où les plantes aromatiques
et médicinales ont aussi leur place. Il faut éviter
la monoculture parce qu’elle n’existe pas dans la
nature et attire les parasites. Les espèces s’aident
entre elles. Par exemple, comme les oignons font fuir les escargots,
on les plante à côté des salades.